150 euros. C’est parfois tout ce qui sépare une indemnisation correcte d’un sentiment d’injustice après un dégât des eaux. À l’autre bout de l’échelle, la franchise peut grimper à 1 500 euros, taillant dans l’indemnité comme une lame froide. Les règles du jeu varient : ici, une franchise fixe, là, un pourcentage. On croise même les deux, pour les plus téméraires. Les contrats sans franchise ? Ils existent, mais restent des exceptions dans le paysage français, car qui dit zéro franchise dit souvent cotisation salée.
En pratique, la plupart des assureurs positionnent la franchise dans une fourchette serrée, entre 200 et 400 euros. Pourtant, rien n’est figé : d’un contrat à l’autre, le montant dérape parfois, selon la garantie choisie ou le profil du souscripteur.
La franchise en assurance habitation : comprendre les bases pour mieux choisir
L’assurance habitation, c’est la promesse de protéger son chez-soi contre les imprévus. Pourtant, un mot revient, souvent mal compris : la franchise. Ce mécanisme, omniprésent dans tous les contrats, qu’il s’agisse de responsabilité civile ou de garantie multirisques, détermine la part qui reste à payer de sa poche après un sinistre. Que l’on parle de dégât des eaux, d’un incendie ou d’un vol, la franchise s’applique. Son objectif : limiter les demandes mineures et inciter chacun à prendre soin de ses biens.
Dans le détail, la franchise assurance habitation prend plusieurs formes. Voici les principales distinctions à connaître :
- Franchise fixe : un montant défini à l’avance, mentionné noir sur blanc dans le contrat assurance habitation, qui sera systématiquement déduit de l’indemnité.
- Franchise proportionnelle : un pourcentage appliqué sur le montant du préjudice, avec parfois un plafond.
- Franchise relative : l’assureur n’intervient que si les dommages dépassent le montant de la franchise ; sinon, tout reste à la charge du souscripteur.
Le niveau de franchise varie selon la compagnie et les garanties souscrites. Dès qu’un sinistre survient, l’indemnisation se voit amputée de ce montant, qu’il s’agisse d’un incendie, d’un vol ou de la garantie responsabilité civile. Les plafonds et exclusions, souvent discrets en annexe du contrat, méritent une lecture attentive. Opter pour une franchise basse, c’est accepter une cotisation plus lourde ; privilégier une franchise haute, c’est alléger la prime, mais s’exposer à un reste à charge plus conséquent en cas de coup dur.
Pourquoi le montant de la franchise varie-t-il d’un contrat à l’autre ?
Derrière chaque montant de franchise se cache une stratégie propre à l’assureur. Pourquoi de tels écarts ? Tout commence par l’évaluation du risque. Une adresse en centre-ville, exposée aux sinistres récurrents, supportera rarement la même franchise qu’une maison isolée. Le profil du souscripteur, ses antécédents de sinistre, la valeur du bien, les équipements de sécurité : tous ces éléments pèsent dans la balance lors de la négociation.
La nature même de la garantie influe sur le calcul. Sur un même contrat d’assurance, la franchise proportionnelle pour un dégât des eaux diffère largement de celle qui s’applique en cas de catastrophe naturelle, cette dernière étant encadrée par la franchise légale. Certaines offres privilégient une franchise fixe en euros, d’autres préfèrent un pourcentage. Les compagnies multiplient les formules pour ajuster le prix de l’assurance habitation à la réalité du marché et à l’appétit pour le risque de leurs clients.
Le prix de l’assurance n’est pas figé non plus. Une habitation avec franchise basse se traduit généralement par une cotisation plus élevée. Accepter une franchise élevée permet de réduire la facture, mais c’est prendre le pari d’assumer un reste à charge non négligeable si le pire survient. Les assurances habitation avec franchise se déclinent ainsi selon les priorités de chacun : budget serré ou protection maximale.
Montant moyen d’une franchise habitation : ce que révèlent les chiffres
En matière de franchise assurance habitation, il n’existe pas de montant universel. Pourtant, des tendances nettes se dégagent. Pour un dégât des eaux, la franchise fixe tourne généralement autour de 150 à 200 euros. En cas d’incendie, la note grimpe, avec des montants souvent compris entre 200 et 400 euros. Les catastrophes naturelles sont régies par une franchise légale de 380 euros, imposée à tous les contrats depuis janvier 2023 : ici, pas de négociation possible, la règle est la même pour tous.
Certains sinistres moins courants affichent des franchises nettement plus élevées. La sécheresse-retrait-gonflement des sols, par exemple, implique une franchise légale de 1 520 euros. Les dégâts dus aux tempêtes, eux, s’accompagnent en moyenne d’une franchise de 200 à 400 euros. Du côté de la franchise relative, le principe est différent : aucune indemnisation en dessous d’un seuil, qui, dans la pratique, se situe souvent autour de 200 euros.
- Dégât des eaux : 150 à 200 euros
- Incendie : 200 à 400 euros
- Catastrophe naturelle : 380 euros (franchise légale fixe)
- Sécheresse/retrait-gonflement des sols : 1 520 euros
Le choix entre franchise fixe, proportionnelle ou relative dépendra toujours du niveau de risque qu’on est prêt à accepter et de la nature du contrat. Les assureurs modulent leurs barèmes, mais ces montants moyens restent la norme, sauf option spécifique ou rachat de franchise.
Aller plus loin : conseils pratiques et ressources pour optimiser votre assurance habitation
Pour tirer le meilleur de son assurance habitation, il faut analyser chaque garantie et décortiquer son contrat. Se focaliser sur la seule prime serait réducteur : la franchise conditionne directement le montant qui restera à régler en cas de sinistre. Les compagnies ajustent le prix de l’assurance habitation selon la franchise choisie : plus elle est élevée, plus la cotisation baisse, mais le risque de devoir sortir le portefeuille au mauvais moment augmente.
Pour faire un choix éclairé, évaluez la valeur de vos biens et renseignez-vous sur la fréquence des sinistres dans votre secteur. Certains contrats d’assurance habitation proposent un rachat de franchise : contre une cotisation supplémentaire, la compagnie prend à sa charge tout ou partie de la franchise en cas de sinistre. À chacun de calculer si cette option vaut le surcoût, selon sa situation.
- Un comparateur d’assurance permet de visualiser les offres, garanties et franchises en quelques clics.
- N’hésitez pas à demander à votre assureur des précisions sur les franchises propres à chaque garantie : dégâts des eaux, incendie, responsabilité civile.
- Pensez à vérifier si votre contrat prévoit une franchise relative ou proportionnelle : leur impact sera différent selon la nature et l’ampleur du sinistre.
Lire attentivement les conditions générales reste la clé : chaque détail compte. Un contrat d’assurance habitation transparent sur les plafonds, exclusions et modalités de calcul de la franchise offre une sécurité supplémentaire. Pour approfondir le sujet, les sites de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) ou de la Fédération Française de l’Assurance (FFA) proposent des ressources précieuses et actualisées.
En matière de franchise, chaque choix engage. Entre prudence et prise de risque, il s’agit finalement de trouver le point d’équilibre qui permet de dormir sur ses deux oreilles, sans redouter le moindre imprévu.

